================================================== Je n'élirai pas !



Ontologie : Démocritique

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rdfs:label : Je n'élirai pas !

Décembre 2011

Je n'élirai pas



Je n'élirai pas.


J'ai bien reçu ton message électronique, envoyé en nombre à tes amis, nous invitant à voter pour le choix d'un candidat.

J'ai bien entendu les arguments que tu m'avais exposés au début de l'été, les enjeux, les risques...

Mais, non... Je n'élirai pas.

Et je me dois de t'en donner la raison profonde, qui n'a rien d'idéologique, qui dépasse la question des opinions dites de gauche, de droite ou du centre .

Elle en vient de ce que qualitativement a changé l'évolution du rythme des choses, de ce seuil qui a été franchi au tournant du siècle dernier.

Dans notre Univers tout à une fréquence propre, et pas seulement le « LA » du diapason, mais aussi chacune des particules qui nous constitue, qui constitue aussi notre terre, nos pays, nos collectivités humaines.

Alors que le rythme de toutes ces choses était resté stable pendant des millénaires, au cours du siècle dernier celui des sociétés humaines est devenu de plus en plus aigu. Et ce de façon autrement plus rapide et ample que l'évolution des 392 Hz (le "ton français" du XVIIeme siècle) aux 442 Hz du « LA » du diapason de nos musiciens d'aujourd'hui.

Cette constatation est banale, tant il a été publié d'ouvrages sur le sujet. Cependant ce qu'ils ne disent pas, qui n'est hélas pas banal, est une notion technique pourtant connue depuis longtemps : Un système ne peut être gouverné que par un autre système de fréquence propre d'au moins une octave plus élevée.

Il nous faut comprendre cela, de la façon dont sont écrites les partitions musicales. Elles ne séparent pas seulement les voix et les instruments, elles séparent aussi la part de l'interprète de celle qui n'appartient qu'au luthier, au facteur d'orgue ou de piano, et à l'accordeur. Elles les séparent autour d'une fréquence propre à l'humain, de quelques quarante périodes à la seconde. Au delà réside le domaine des notes de musique dont les fondamentales et les harmoniques sont perceptibles par les meilleures oreilles à quarante mille Hertz. En deçà réside le domaine des mesures, qui appartiennent au compositeur et à l'interprète. L'organiste ne peut rien changer au son d'une quelconque des flûtes ou des bourdons de son orgue. Il ne peut guère agir que sur l'ordre, la durée et la vitesse à laquelle il les invoque, à son rythme humain, bien inférieur à la limite inférieure de sa capacité d'audition.

Est-ce le fruit du hasard ou plutôt de la nécessité, si la fréquence propre de nos cerveaux est à cette jonction ?
Elle tourne autour de quarante cycles à la seconde lorsque nous sommes éveillés, un peu moins lors de notre sommeil. Ceci est vrai pour toi, pour moi comme aussi pour n'importe quel chef d'État, ministre, député, fonctionnaire, chef d'entreprise, avocat, médecin, employé, chômeur, dont tous les cerveaux sont cadencés par les impulsions régulières de leur thalamus.

Dans les temps anciens, lorsque l'état des techniques n'autorisait guère de vitesse supérieure à celle d'un cheval au galop, la réflexion humaine était suffisamment rapide pour en maîtriser le fonctionnement.

Maintenant cette maîtrise a disparu, depuis que les technologies des réseaux de communication électroniques ont ajouté des cordes tendues à l'extrême aux instruments de nos sociétés. La fréquence d'horloge des ordinateurs dépasse 2,5 giga-hertz ! Sans pouvoir trop y réfléchir, nous avons changé de registre. Nos cycles temporels tendent à être de plus en plus courts.

Le chœur que nous formons produit de si puissantes harmoniques que nos prétendants à le conduire s'en avèrent désormais incapables : s'ils sont encore en pouvoir d'agir, ils ne peuvent en contrôler l'effet : trop haut, trop forts les altos. Ont ils seulement l'oreille pour les entendre ?

Les acteurs des échanges financiers, et leurs automates logiciels, qui suivent les cours seconde par seconde tout en « tweetant » leurs sentiments instantanés manipulent à chaque instant des sommes du même ordre de grandeur que le produit intérieur brut annuel d'un grand pays développé. Face à cela, les politiciens "au pouvoir" sont par essence impuissants : aucun système ne peut gouverner un autre système dont la fréquence propre et l'amplitude est plus grande que la sienne.

Faut-il les en blâmer ? Ce ne sont que des humains.
Plutôt que de se plaindre de leurs comportements ordinaires que nous jugeons répréhensibles, n'est-ce pas dans les vices des institutions plutôt que des personnes qu'il faut en chercher la cause ?

Leurs capacités dynamiques ont elles changé depuis l'époque de la création de leurs principes, lorsque l'applicabilité des lois tenait compte de la vitesse des chevaux ?

Rien ne peut gouverner un système dont la fréquence propre et l'amplitude est plus grande que la sienne.


Je n'élirai pas...


...Car comme la plupart de nos concitoyens je ne suis pas qualifié pour juger du niveau de connaissances et des capacités techniques d'un candidat au pilotage d'un de ces systèmes complexes que le génie humain a créé, que ce soit un avion de ligne, une centrale nucléaire ou un État. L'est-tu plus que moi ? Je t'en félicite !

"Monteriez vous dans un avion dont vous auriez dû élire le pilote ?"

Chaque fois que je la pose, cette question fait rire tant elle semble saugrenue :

"évidemment non ! Je n'y monterais pas !" est-il invariablement répondu. Mais il me faut parfois insister, pour obtenir à cette réponse, une justification qui à l'expérience s'avère gênante.

Et pourquoi donc ne le feriez vous pas ?

N'est ce pas parce que vous ne vous savez pas qualifié pour choisir celui à qui vous allez confier momentanément votre destinée ?

Nombre d'entre vous ne sont ils pas bizarres qui, voyagant dans ces étranges cylindres d'aluminium propulsés à très grande vitesse à travers l'atmosphère par d'énormes chalumeaux, le font sans grande appréhension ? Pour la plupart d'entre vous, les statistiques ont, consciemment ou non, suffit à rassurer ; et la personnalité du pilote ne vous préoccupe guère.

S'il reste "seul maître à bord après Dieu", et si pour la durée du voyage, il a votre destinée entre ses mains, vous lui accordez votre confiance.

Confiance en quoi, et pourquoi ? À l'analyse vous n'avez confiance qu'en l'application fidèle de procédures longuement et systématiquement assimilées, issues de l'empilement systématique d'expériences passées, partagées. Favorisant votre voyage, elles en minimisent les risques, et sont sensées être prépondérantes sur toute autre considération.

Lorsqu'un Airbus se pose en vol plané sur la rivière Hudson après avoir eu fortuitement ses moteurs éteints par quelques volatiles croisant malencontreusement son plan de vol, son pilote a été fort justement félicité de son sang froid... pour sa bonne application de la procédure d'urgence qui lui avait été enseignée, qui était humainement réalisable !

S'envolant de Roissy, le bel oiseau roule sur une pièce métallique fortuitement tombée d'un avion qui l'avait précédé. Un pneu éclate, perce un réservoir, et un moteur y met le feu. Conçu pour voler très vite le bel oiseau est un planeur maladroit. Sa forme en flèche exige une énergie qu'il n'a plus. Aucune procédure n'a pu être écrite pour cette situation. Avec les meilleures qualités du monde aucun pilote n'aurait pu le sauver.

Pour que ses frères puissent voler à nouveau, il a fallu appliquer une procédure informative selon les règles en usage. Et après analyse il a fallu modifier la conception initiale, pour éviter le renouvellement de ce type d'accident : protéger les réservoirs, renforcer les pneus, vérifier systématiquement leur état. Et ainsi, sans modifier les procédures de pilotage, rétablir la confiance. .

Tout cela a un coût, et l'économie a eu raison de tout cela. Concorde est condamné à l'immobilité dans un envol fictif à Roissy, ou relégué dans un coin de piste à coté d'une vieille Caravelle et d'un vieux Mirage à Orly.

Dans un mauvais temps annoncé, un Tupolev s'écrase à Smolensk avec le gouvernement polonais à son bord. La procédure d'analyse de l'accident montre qu'un ministre était dans la cabine de pilotage juste avant l'accident. Soumis à des considérations politiques le pilote a violé les procédures en vigueur, et refusé d'obtempérer aux indications de la tour de contrôle de se détourner vers un autre aéroport.

Auriez vous été bien inspiré de monter à bord de cet avion gouverné par un élu ?

À l'expérience des régimes démocratiques, il est probable que si les commandants de bord étaient élus, la plupart seraient recrutés parmi des avocats !

Pourquoi ? C'est parce qu'il leur aurait fallu d'abord plaider leur candidature devant des électeurs, et qu'à ce jeu rhétorique, les avocats sont, par essence, les mieux formés à cette compétence, qui n'a rien de commun avec celles qui sont requises pour le pilotage. Cette profession dont le talent principal est la capacité rhétorique de plaider toute cause est elle la mieux qualifiée pour que vous lui confiez votre destin ? Puisque dans un souci d'égalité des droits, une démocratie ne requiert d'autre qualification que de disposer de ses droits civiques pour être candidat à n'importe quelle fonction élective prévue par les institutions, n'importe quel avocat pourrait légitimement prétendre aux fonctions, émoluments et avantages d'un pilote de ligne.

Le talent rhétorique favorisant l'entregent aura tôt fait de mettre hors compétition celui qui ne dispose que des compétences métier qu'il serait nécessaire de privilégier. Celui là sera éventuellement consulté, si et seulement si par la force des choses l'intérêt personnel de l'élu l'y conduit, .

La crainte des technocraties inhumaines justifie-t-elle de préférer, en guise de critère, une compétence en dehors de celles qui seront nécessaires pour les sujets à traiter ?

A force de cet usage, les fonctions politiques ont fini par ne requérir que le talent rhétorique comme principale compétence. Passé l'examen des élections, les autres compétences utiles ne sont exercées que grâce à des vertus d'autodidactes amateurs. À l'expérience il en est parfois d'excellents ; il en est bien davantage de déplorables.

La compétence rhétorique fait appel aux émotions, sources de toute décision. Qu'importe ce qu'elle fait dire, puisque l'enjeu n'est que de se faire choisir. Ainsi fatalement dérivent les discours, quel qu'en soient les penchants affichés de leurs auteurs, ils emmènent l'électeur hors de son sujet, lui présentent des apparences fallacieuses. La nature des choses y contraint : à défaut ils ne sont pas écoutés, pas entendus.

Effet des technologies de l'information, ils tendent à devenir inopérants : le Web a une mémoire redoutable, comme le sont les forces de son rappel.

Ainsi l'électeur prend conscience de la façon dont il est traité. Ainsi croît inexorablement sa résistance et son désintérêt, non pour la chose politique, mais pour la pauvreté des choix auxquels il est confiné.

Vient enfin au lendemain de l'élection le moment d'exercer des compétences toute autres, que l'électeur ignore, dont il ne sait si son élu en est capable.

Il faut des années, et des successions de mandats pour que s'acquièrent ces compétences non rhétoriques que requièrent le bon fonctionnement des institutions de l'État.

L'Administration s'est adaptée à cet état des choses, que faute de pouvoir en imaginer un autre elle cherche toujours à conserver. Elle joue un rôle de garde-fou. Si elle ne détient pas le pouvoir, elle détient l'exercice de ses compétences.

Il en est et a été ainsi depuis des siècles, pour toute démocratie élective. Par une sorte de sélection naturelle, a de tout temps émergé une classe d'éléments jugés meilleurs que d'autres pour gouverner la chose publique. Les anciens grecs nommèrent cela " αριστοκρατικός ", le pouvoir attribué aux meilleurs.

Dans un roman de mon enfance, Frison Roche raconte le combat que se font des vaches au printemps pour désigner la reine qui les conduira à l'alpage. A défaut de pouvoir choisir la plus avisée, ce ne sera que la plus forte.

L'élection n'est-elle pas un héritage de notre nature animale ? A la façon des troupeaux des cervidés et des bovins qui choisissent à chaque saison celui de ces animaux qui les guidera, les troupeaux que sont les tribus humaines, font de même pour désigner et accepter leur gouvernants.

Chez les humains comme chez les bovins, les « meilleurs » furent choisis parmi les plus « forts ».

La sélection naturelle a permis aux « meilleurs » comme aux autres de se reproduire, et de donner à croire qu'ils avaient transmis cette qualité à leur progéniture. Les autres se sont contentés de retransmettre à leurs enfants la compétence de leurs métiers. Ainsi se construisirent des sociétés clivées, hiérarchisées en classes sociales voire en castes fermées. Sociétés stables dont les conflits ne remettaient guère en cause la conservation de cet ordre des choses.

Les héritiers des meilleurs bénéficièrent de la meilleure éducation, ce qui permit à quelques meilleurs d'entre eux de prendre conscience qu'ils ne l'étaient pas toujours, « meilleurs »...

Le Droit remplaçant le Fait, à la reconnaissance de l'aristocratie effective, succédèrent les privilèges héréditaires de la noblesse, dont les possessions assurèrent la pérennité de la domination.

Tant que les rythmes des sociétés s'accordèrent aux rythmes lents des saisons, rien n'est venu réellement renverser cet ordre animal des choses.

Bien sûr il y eut des tentatives : en Angleterre comme en France on décapita des rois. Ici fut abolie la monarchie et maintenue la royauté ici alors que là, à l'inverse, fut supprimée la royauté pour maintenir la monarchie...

Si partout la noblesse perdit le caractère héréditaire en droit de ses privilèges dominateurs, elle s'adapta bientôt pour les conserver en fait. À la différence des privilèges nobiliaires, les privilèges culturels ne s'abolissent pas. Chaque catégorie sociale cherche à promouvoir sa progéniture. Qu'elles soient douées ou non, celles qui héritent des catégories dominantes bénéficient de formations culturelles dont elles excluent autant qu'il leur est possible les autres. Ainsi « les meilleurs » de demain se recrutent-t-ils préférentiellement parmi les enfants des « meilleurs » d'hier, qu'ils en aient eu ou non des prédispositions naturelles. Ainsi les grandeurs naturelles virent en grandeurs d'établissement, dont Pascal enseignait les différences.

Les sociétés traditionnelles, au sens propre du terme, se clivaient naturellement par métiers, les savoirs leurs méthodes et leurs outils se transmettant de génération en génération. "Chacun à sa place" disaient les nobles cultivés qui s'interdisaient de travailler, se contentaient de diriger les autres, de leur prélever les moyens de leur domination, et - à l'occasion - de se battre entre soi.

Pour être injuste, cette situation avait le mérite d'une certaine stabilité, malgré la tendance constante des dominants à se faire la guerre entre eux. Toute tentative de quelque autre catégorie sociale pour renverser la hiérarchie des choses était écrasée dans le sang, les dominants s'étant donnés les moyens pour cela. Cependant, étant effectivement les plus cultivés, ils étaient objectivement les plus à même de gouverner, pour peu que leurs mariages consanguins n'engendre pas trop de dégénérescences.

Les révolutions ont elles réellement changé cet ordre des choses ? Si elles ont renouvelé effectivement le recrutement des dominants, à l'expérience ce n'est qu'en partie. Les démocraties électives ont remplacé les noblesses d'antan par des classes politiques, dont le recrutement privilégie les avantages culturels que donne l'aisance du discours. L'observation montre que les avocats y sont représentés en surnombre.

Par rapport aux régimes précédents ont-elles apporté autre chose que de renouveler lentement les dominants ? Si elles ont ainsi évité les phénomènes de dégénérescence biologiques, ont elles évité la dégénérescence de l'intelligence des choses, propres aux castes fermées aux peuplements réduits ? Pour cela, elles en ont simplement élargi le nombre, et remplacé l'héritage par la cooptation des candidatures. Si l'élection élargit la demande à l'universalité du suffrage, elle limite en pratique le choix de l'offre à un jeu fermé de candidatures cooptées.

Est-ce grave ? N'y eut-il pas autrefois et encore aujourd'hui d'excellents Rois, et d'autres excellents gouvernants élus et parfois même des dictateurs « éclairés » ? Bien sûr il y en eut aussi d'exécrables, avec ou sans légitimité démocratique, mais l'humanité n'y a-t-elle pas, malgré eux et leurs méfaits, toujours survécu ?

Puisque nous avons la "chance" de pouvoir voter, ne devrait-il pas suffire, à un peuple bien éduqué de « bien voter » pour que cela n'arrive pas ? En d'autres temps ceci qui était possible, aujourd'hui ne l'est plus.

Cela ne l'est plus parce que la conception de nos États démocratiques est inadaptée à la vitesse et à l'ampleur nouvelle des phénomènes.

Cela ne l'est plus parce que faute de constitutions adaptées, ils sont en situation de saturation cognitive.

Quelque soient leur penchants, de droite ou de gauche, xénophobes ou humanistes, libéraux ou interventionnistes, ils sont désormais de plus en plus dangereux que favorables pour les pays qu'ils sont sensés servir.

C'est pourquoi...

Je n'élirai pas...


Énoncer cela serait-il vain, faute de pouvoir proposer d'autres choses qui soient réalistes ?

Existe-t-il quelque part, dans quelques autres domaines inexplorés, quelques expériences de systèmes autrement gouvernés ?

J'en connais des exemples...

Ils vous sont familiers, il vous faut les regarder ! Ce sont des "Pays" exemplaires !

Et si comme moi vous sentez la nécessité et l'urgence de promouvoir d'autres moyens de désigner ceux qui ont la charge des affaires communes, et d'autres façons dynamiques d'en assurer l'équilibre,
à toute élection, si vous n'avez pas d'autre choix allez voter...

BLANC


Sans émeute, et sans violence, sans nécessité d'autre manifestation, lorsque vous serez majoritaire à agir ainsi, votre démocratie réelle pourra imposer l'institution d'une démocratie effectivement représentative.

Toutefois, par quelque hasard ou nécessité croissante, il est possible que nous voyions émerger la candidature de quelqu'un(e) de compétent, qui s'engage raisonablement à n'être élu(e) que pour amorcer sans sursoir un renouvellement en profondeur de la constitution, et à se retirer définitivement dès son approbation !

Alors, peut être, une dernière fois,

élirai-je...


à suivre, "Entropie Militaire"


Démocritique

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