================================================== Saine compétitivité



Ontologie : Démocritique

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rdfs:label : Saine compétitivité

Décembre 2015

Pour une saine compétitivité
une parafiscalité concurrentielle

question

Si...
si le chômage endémique,
si les inégalités culturelles et économiques,
si les enjeux environnementaux, énergétiques et écologiques,
si les déséquilibres des marchés erratiques,
étaient pour les entreprises des enjeux commerciaux vitaux de compétition,
ces préoccupations des nations,
resteraient elles longtemps sans solution ?

Contre les effets nuisibles des marchés commerciaux sur nos vies collectives, alors que leur puissance surpasse celles des pouvoirs publics, n'est il pas pertinent d'utiliser cette puissance même au service de l'intérêt commun ?

N'est il pas pour autant aussi pertinent de faire réaliser par les marchés concurrentiels ce qu'à l'expérience aucun pouvoir public n'a jamais pu mener à bien par sa seule intervention ?

Stables, les économies nationalisées se sont toujours avérées moins efficaces que les économies libérales, qui sont naturellement instables ; c'est là un phénomène naturel que l'on observe partout dans la monde du vivant : le bipède s'avère plus efficace que le quadrupède, et l'humain à vélo plus efficace que toute espèce du règne animal. Il tire son efficacité de sa régulation efficace de ses instabilités intrinsèques.
A y prêter attention, n'est ce pas un extraordinaire exemple que de voir un humain tenir debout ?

Il en est de même pour l'économie : les marchés concurrentiels doivent leur efficacité à leurs instabilités intrinsèques. Réglementer pour bloquer ces instabilités les rend inefficaces, alors que les favoriser et les réguler pour les empêcher de nuire et de s'autodétruire optimise leur efficacité.

La langue française fait une différence entre «concurrentiel» et «compétitif» qui tous deux sont hélas traduits en anglais par «competitive». Comme si un homme d'affaires anglo-saxon ne pouvait pas imaginer un marché sans un gagnant qui peut "prendre tout". A l'évidence ceci est faux. Et en pratique, ce devrait être toujours ainsi, faux !
Dans un marché sain un gagnant prend peu ! Jamais "Tout".

Never Take All should do the Winner,
whatever he would later redistribute .
It would always be too later.
Always the Winner should Take Only Small.
and let nobody ever loose.

compétitivité

En France, les syndicats patronaux se plaignent du manque de compétitivité de leurs entreprises face aux concurrences étrangères. Elles font observer que celles-ci ne portent pas les charges de protection sociale qu'imposent les législations en vigueur en France. Elles poussent donc à alléger ces charges, et à réduire fortement les mécanismes de protection sociale et les services publics qui les assurent. Elles poussent aussi à réduire les normes qui canalisent leur liberté d'agir hors de l'intérêt public.

D'autres pays n'imposent que peu, voire pas de charges sociales, et ne prélèvent que peu ou pas d'impôts sur les entreprises qui s'y implantent. Elles laissent libres leurs entreprises, libres de ne pas contractualiser leurs emplois, libres de licencier sans préavis leur personnel, et libres des bas salaires qu'elles accordent.

Dans le contexte de marchés ouverts, les entreprises de ces pays libéraux obtiennent ainsi des avantages compétitifs indéniables, par rapport aux pays "sociaux". Elles sont en capacité de conquérir l'essentiel des marchés de tous les pays, y compris de ces pays "sociaux".

Il est naturel que, toutes choses restant ce qu'elles sont par ailleurs, chacun voie son intérêt comme l'expression de l'intérêt général. Et donc que les entreprises locales des pays "sociaux" souhaitent qu'ils le deviennent moins, faute d'obtenir des autres pays de le devenir plus, "sociaux".

En revanche pour les entreprises transnationales, les écarts de richesse et de régimes sociaux sont des opportunités à exploiter dont elles tirent les meilleurs profits.
Dans les conditions actuelles des compétitions commerciales les pires des comportements s'imposent de façon fatale à tous les autres. A défaut elles risquent fort de disparaître.

compétitivité

A suivre cette tendance générale, les sociétés civiles des pays n'existeraient que pour le bénéfice des entreprises, et devraient pouvoir être modelées de façon à optimiser les services qu'elles leurs apportent. En pratique, bien que cela ne soit pas encore formalisé dans les institutions démocratiques, cela ressemble bien à ce que l'on observe.

En bonnes constitutions démocratiques, c'est l'inverse qui est souhaité : les entreprises n'existent que pour le bénéfice des sociétés civiles et devraient pouvoir être modelées de façon à optimiser les services qu'elles leurs apportent. En pratique, pour inverser ce que l'on observe de l'asservissement des sociétés civiles au bénéfice des entreprises cela ne peut être totalement libéral.

Les expériences communistes comme celles d'autres dictatures ont toujours failli. En supprimant la concurrence et la compétition qu'elle suscite, elles enlèvent aux entreprises l'essentiel de leurs créativité pour servir les sociétés civiles.

Dans l'ordre idéal des choses les entreprises servent activement les collectivités territoriales tout en y satisfaisant leurs intérêts vitaux. Ces intérêts sont conditionnés par leur concurrence.
La question de la compétitivité peut être traitée autrement que par des politiques du pire. Il s'agit moins d'une question de morale, que d'une question de survie. La subordination des sociétés civiles aux seuls intérêts des entreprises dans une concurrence non régulée ne peut que conduire, à leur détriment, à la dégradation des sociétés, au risque de la guerre civile.

Le bon ordre des choses nécessite, non pas de supprimer la libre concurrence, mais d'équilibrer ses conditions d'exercice sur les marchés au bénéfice des intérêts généraux .
Il s'agit d'équilibrer la compétition de façon semblable à ce qui se pratique pour des courses de chevaux, où l'on leste plus ou moins les selles des jockeys, ou encore de la même façon que ce qui se pratique en compétition automobile, où chaque année les réglementations changent, de façon à susciter de nouveaux progrès techniques. Nul concurrent ne se plaint de ces pratiques.

Pour que les entreprises servent les intérêts des collectivités, il est nécessaire que leurs intérêts concurrentiels soient constamment orientés dans le sens des intérêts collectifs.

Les intérêts de toute entreprise sont conditionnés par l'équilibre de son compte d'exploitation, tel qu'il est contraint par les conditions de la concurrence existante sur son marché.

A l'expérience, chaque fois que les conditions de sa concurrence évolue, ce qui est fréquent, toute entreprise est contrainte de s'adapter, faute de quoi son existence est en danger. Elles détestent ces évolutions que pourtant leurs concurrences même provoquent.

Si les conditions de concurrence sont complexes, introduisent de multiples facteurs, rationnels ou non, en pratique ils finissent par se traduire par une seule valeur scalaire, bénéficiaire ou déficitaire, pour chaque compte d'exploitation.

Aujourd'hui les conditions d'exercice des concurrences engendrent des convergences d'intérêts économiques qui s'avèrent défavorables aux intérêts des collectivités locales.

Pour qu'il en soit autrement "il faut et il suffit" de modifier les conditions de concurrence, pour pouvoir ensuite laisser les marchés agir librement selon ces nouvelles conditions.


Chômage ?

chomage

Ce n'est pas par compassion que les conditions de concurrence doivent pousser à réduire le chômage :
c'est parce que celui-ci réduit l'assiette du marché sur lequel vivent les entreprises.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de celles ci comme de celui de la collectivité de pénaliser relativement les entreprises qui augmentent le chômage par rapport à celles qui le réduisent.

Les collectivités territoriales ont un intérêt objectif au plein emploi, tant cela réduit les tensions sociales.

Si les conditions des concurrences mutuelles devaient favoriser relativement les entreprises qui accroissent leur personnel par rapport à celles qui le réduisent, de telles sorte qu'elles le ressentent à chaque transaction, immédiatement, sans délai, les stratégies des entreprises s'y adapteraient. Elles s'y adapteraient mutuellement, pour que survive leur part de marché, sans attendre. Sans autre intervention Étatique.


Inégalités sociales ?

inegalités

Ce n'est pas par compassion que les conditions de concurrence doivent pousser à réduire les écarts de richesse :
c'est aussi parce qu'à de grands écarts de richesse correspondent de grandes pertes de gisements de marchés potentiels. Le creusement de ces écarts réduit l'assiette du marché sur lequel vivent les entreprises.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de celles ci comme de celui de la collectivité de pénaliser relativement les entreprises qui augmentent les écarts de richesse par rapport à celles qui le réduisent.

Les collectivités territoriales ont un intérêt objectif à de faibles écarts de richesses, tant cela réduit les coûts des protections sociales.

Si les conditions des concurrences mutuelles devaient favoriser relativement les entreprises qui réduisent leur propres écarts de rémunération par rapport à celles qui les augmentent, de telles sorte qu'elles le ressentent à chaque transaction, immédiatement, sans délai, les stratégies des entreprises s'y adapteraient. Elles s'adapteraient mutuellement, pour que survive leur part de marché, sans attendre. Sans autre intervention Étatique.


Inégalités culturelles ?

culture

Ce n'est pas par compassion que les conditions de concurrence doivent pousser à réduire les écarts culturels :
c'est aussi parce qu'à de grands écarts culturels correspondent de grandes pertes de gisements de compétences professionnelles, et de gisements de marchés potentiels. Le creusement des écarts culturels réduit l'assiette du marché sur lequel vivent les entreprises.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de celles ci comme de celui de la collectivité de favoriser relativement les entreprises qui réduisent les écarts culturels par rapport aux autres.

Les collectivités territoriales ont un intérêt objectif à de faibles écarts culturels, tant cela réduit les potentiels d'instabilités politiques.

Si les conditions des concurrences mutuelles devaient favoriser relativement les entreprises qui investissent le plus dans l'éducation culturelle par rapport aux autres, de telles sorte qu'elles le ressentent immédiatement, à chaque transaction, sans délai, les stratégies des entreprises s'y adapteraient. Elles s'adapteraient mutuellement, pour que survive leur part de marché, sans attendre. Sans autre intervention Étatique.


Environnement ?

pollution

Ce n'est pas suite à une prise de conscience ou par idéalisme que les conditions de concurrence doivent pousser à réduire les impacts écologiques des activités humaines :
c'est aussi parce qu'à la réduction des impacts écologiques correspondent de grands gisements de marchés potentiels. La réduction des impacts écologiques des activités humaines forment des marchés sur lequel viennent vivre les entreprises.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de celles ci comme de celui de la collectivité de favoriser relativement les entreprises qui réduisent leurs impacts écologiques par rapport aux autres.

Les collectivités territoriales ont un intérêt objectif à de faibles impacts écologiques, tant cela réduit leurs coûts d'intervention nécessités par les événements qu'ils induisent.

Si les conditions des concurrences mutuelles devaient favoriser relativement les entreprises qui réduisent le plus leur impacts écologiques par rapport aux autres, de telles sorte qu'elles le ressentent à chaque transaction, immédiatement, sans délai, les stratégies des entreprises s'y adapteraient. Elles s'adapteraient mutuellement, pour que survive leur part de marché, sans attendre. Sans autre intervention Étatique.


Recherche et Développement ?

recherche

Ce n'est pas par idéologie progressiste que les conditions de concurrence doivent pousser chaque entreprise à investir dans la recherche et le développement :
c'est parce que ces investissements conditionnent leur accès futur aux marchés en évolution. L'adaptation de leurs activités à l'avenir économique, et l'augmentation de la qualité qu'exigent des marchés concurrentiels implique d'y réserver une part conséquente des résultats d'exploitation.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de chaque entreprise comme de celui de la collectivité de favoriser relativement celles qui recherchent et développent le plus par rapport aux autres.

Si les conditions des concurrences mutuelles devaient favoriser relativement les entreprises qui investissent le mieux dans l'évolution de leurs pratiques et de leurs produits, elles s'adapteraient mutuellement, pour que survive leur part de marché, sans attendre. Sans autre intervention Étatique.



Régulation ?

autodestruction

Ce n'est pas par une quelconque idéologie anti-libérale que les conditions de la concurrence doivent être en soi régulées :
C'est parce qu'en l'absence de régulation, la libre concurrence aboutit à sa propre destruction, un gagnant émergeant finit toujours par "prendre tout" le marché, éliminant ou rachetant ses précédents concurrents, et finissant par imposer ses conditions sur son secteur de marché.
Il est donc justifiable dans l'intérêt de la pluralité des entreprises comme de celui de la collectivité de défavoriser par rapport aux autres relativement les entreprises qui captent la plus grande part de leur marché.

Les collectivités territoriales ont un intérêt objectif à des marchés sans domination d'acteurs économiques, avec sur chaque marché une grande pluralité d'acteurs, tant cela réduit les risques économiques et sociaux des défaillances de grandes entreprise, et tant cela induit de créativités concurrentielles dans l'intérêt partagé des entreprises et de la collectivité.

S'il n'existe pas dans le Droit Européen de définition précise de la concurrence "libre et non faussée" les traités européens qui la réclament chacun peut observer que l'exploitation à leur avantage par des entreprises multinationales des inégalités des conditions internationales de chômage, d'inégalités sociales et culturelles, d'inégalités de contraintes écologiques viennent fausser la concurrence d'accès aux marchés Européens. Ceci est aussi vrai à l'intérieur de la communauté européenne, lorsque l'exploitation des inégalités des conditions socio-économiques entre États sont des aubaines pour les entreprises abusent, au prix de la dégradation des économies locales.

Ce ne sont là que quelques sujets de préoccupations pour lesquels il est souhaitable que les entreprises soient mises en concurrence. Ce sont les plus importants de notre époque. Bien d'autres peuvent s'y ajouter, lorsque une collectivité territoriale en identifie la pertinence.

asservissement

Modifier les conditions de concurrence de sorte que celle-ci soit effectivement libre et non faussée implique une forme de régulation, au sens de ce terme dans les techniques des ingénieurs.
Or cette discipline impose quelques règles de l'art :
Pour qu'elle ne soit pas pervertie, l'objectif d'une régulation ne doit pas être affecté par le phénomène qu'elle contrôle.
Pour son efficacité, une régulation doit avoir une fréquence propre supérieure ou égale à celle des phénomènes qu'elle contrôle.
Pour son efficacité, une régulation peut avantageusement retirer du phénomène qu'elle contrôle l'énergie nécessaire à son action.
Pour sa sûreté, une régulation doit se boucler progressivement de sorte qu'aussi progressivement soit atteint son objectif.

régulateur

L'exemple des régulateurs d'allure que les premières courses transatlantiques en solitaire gagnées par Eric Tabarly ont popularisé montre une bonne application de ces règles :
Ils comportent une petite voile, dite "aérien", qui n'est destinée qu'à percevoir la direction du vent. Respectant la première règle de l'art, elle ne doit évidemment pas contribuer à la poussée du vent sur le bateau, puisque cela viendrait corrompre la consigne d'allure.
Ils comportent un petit aileron, plongé dans le sillage, pour prélever sur l'avance du bateau l'énergie nécessaire pour agir sur la barre, en lieu et place du barreur, en fonction des inclinaisons de l'aérien.
Respectant la seconde règle de l'art, l'aérien suit avec la dynamique souhaitable les variations du sens du vent.
Respectant la troisième règle de l'art, l'aileron prélève sur le phénomène à réguler l'énergie nécessaire et suffisante pour le dominer.
En bonne pratique, en fonction du cap choisi, le navigateur règle comme à l'habitude l'orientation des voiles ; respectant la quatrième règle de l'art, il ajuste progressivement l'orientation de l'aérien pour maintenir l'allure choisie avant de confier la barre au régulateur d'allure.

Pour réguler les conditions de concurrence, l'application des règles de l'art est semblable :
l'application de la première règle revient à prohiber les modalités de régulation fiscales ordinaires des États, qui induisent des champs d'intérêts contradictoires.
L'application de la seconde règle implique qu'une régulation de marché n'ait pas une fréquence propre inférieure à celle des transactions commerciales.

Relativement à chacun des critères d'équilibre qu'une collectivité territoriale cherche à établir, le comportement d'une entreprise se représente comme un vecteur mathématique. Avec autant de dimensions indépendantes que de ces critères, ce vecteur formalise l'écart du comportement par rapport aux conditions d'équilibre souhaitées.
Idéalement sa longueur, (en mathématique sa norme) est nulle.

régulateur

Si les modifications des conditions de concurrence ne doivent pas bénéficier au budget de l'État, si elles affectent chaque transaction commerciale comme le fait la fiscalité indirecte, elles ne peuvent s'y ajouter que par une mesure "parafiscale", positive ou négative selon le comportement de chaque entreprise. A la différence de la taxation à la valeur ajoutée, elle ne peut être récupérable ; et son action est à somme nulle.

Le malus des uns vient compenser le bonus des autres. Le calcul de chaque contribution ou rétribution est fait à partir de la collection des comportements de tous les acteurs de chaque secteur de marché.
Pour chaque acteur, le calcul de la longueur de son vecteur de comportement en donne des évaluations scalaires, autorisant leurs comparaison, leur classement, et la fixation de la part contributive ou rétributive de chacun des acteurs dans leur compétition mutuelle.

Vu d'un acheteur cela apparaît comme une modulation de l'impôt indirect que chacun acquitte pour tout achat. Mais dans cet impôt la part fiscale qui revient à l'État reste fixe, la modulation est parafiscale en ceci qu'elle bénéficie non pas au budget de l'État, mais aux comptes d'exploitation des entreprises désormais les plus compétitives : les mieux alignées au service de l'intérêt commun.

Il ne s'agit pas ici de faire une révolution violente, mais de proposer une voie d'évolution à laquelle chacun trouvera avantage ; il s'agit que chacun des acteurs puisse s'adapter, comme le système de modulation parafiscal lui-même, et apprenne de sa propre évolution, ce qu'il est possible de réaliser.
Le "quoi" étant défini, chaque acteur garde une large liberté du "comment" le réaliser.

Les marchés sont aussi ouverts que locaux, chacun ayant ses spécificités locales d'intérêt collectif. La modulation parafiscale des prix suffit à les satisfaire, sans recours à des mesures protectionnistes à l'expérience nuisibles.
La modulation parafiscale des prix permet aussi à la collectivité d'empêcher un marché de dériver vers l'autodestruction collective de ses acteurs, lorsqu'ils se poussent mutuellement à réduire leur rentabilité au risque de leur vie.

"Il est dangereux de boucler une régulation loin de son point de consigne".
L'ajustement de l'amplitude des facteurs de modulation, ce que les automaticiens nomment le "gain" d'une régulation, se doit d'être progressif. Si dès le début les acheteurs doivent être informés des classements des entreprises, leurs effets initiaux sur les prix doit être initialement nul, puis commencer à être amplifiés, progressivement, critère par critère au fur et à mesure que l'écart type des comportements d'entreprises se resserre dans le sens de l'intérêt général, défini sous contrôle démocratique.

En économie libérale classique, l'État nécessite de lourds prélèvements obligatoires dont une grande part sont affectés à corriger les nuisances résultant des irresponsabilités des marchés commerciaux. La modulation parafiscale revient à leur transférer les parts de responsabilités propres à leurs propres nuisances. Cela permet de réduire d'autant les prélèvements obligatoires, sous condition que l'État s'interdise toute subvention aux entreprises.
Les prélèvements volontaires consentis par les entreprises s'avèrent mieux investis que les prélèvements obligatoires par l'État. A la différence de celui-ci, ils mettent en jeu leur propre vie.
Si l'on se réfère à l'expérience multi millénaire de nos propres organismes, les prélèvements obligatoires nécessaires au seul fonctionnement de l'État devraient se réduire à quelque 16% du produit intérieur brut, sans détriment collectif !
16% ? C'est en moyenne ce que prélève le cerveau d'un humain sur l'énergie qu'il développe...

Tout ce qui précède ici suppose des marchés ouverts, avec des offres multiples, diverses.

Il est nécessaire, pour son bon fonctionnement, que la régulation favorise l'ouverture des marchés, en contrant a priori toute intention de monopolisation des marchés. A l'expérience, tout monopole privé de service public finit par dériver vers des comportements préjudiciables à l'intérêt de tous. C'est ce pourquoi les États Unis ont établi des lois "anti trusts", qui ont abouti en son temps au découpage de ATT, ouvrant ainsi la voie aux développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Aujourd'hui les quasi-monopoles privés de fait des services de réseaux sociaux détenus par FaceBook et des services de recherche d'information détenu par Google sont des dangers potentiels pour les démocraties.

Lorsque les contingences d'une activité sont telles qu'elle ne puissent se partager, et que s'imposent des quasi monopoles de fait où seul quatre ou cinq acteurs, voire un seul peuvent subsister, la concurrence ne peut y être saine.
Il ne peut ainsi exister de marché sain des activités en réseau de l'électricité, des chemins de fer, et des télécommunications, et de la distribution de l'eau et du gaz, tant ces activités impliquent des infrastructures non démultipliables dans l'espace public.

Ces marchés non concurrentiels sont donc par essence des biens publics, dont aucune entreprise privée ne peut prétendre à la légitimité de son monopole d'exercice. Les redevances de leur usage sont incontournables, donc imposées, et seuls les pouvoirs publics sont légitimes à prélever l'impôt.
En pratique seul ce qui empiète sur l'espace public nécessite la tutelle constante des pouvoirs publics, soumis à la démocratie, sans délégation.
Ainsi le contrôle aérien est un monopole de service public, gérant le réseau des voies aériennes, sans qu'il existe de monopole légitime des compagnies aériennes.
Nulle voie d'un réseau, par essence public, ne peut être légitimement concédée à un producteur de ce que ce réseau véhicule, que ce soit de l'eau, de l'énergie, ou de l'information ; en acquittant le prix de l'usage d'un réseau, chaque producteur est en droit d'en attendre qualité et efficacité. A la différence des services de création et de maintien des réseaux, chaque producteur peut être légitimement soumis à des conditions de concurrence définies pour l'intérêt commun.

Il est nécessaire de répartir les marchés concurrentiels tant que cela est possible, et les laissant par ailleurs libres, d’asservir les équilibres de leurs comportements.
Il est nécessaire de confier à la puissance publique les marchés qui ne peuvent être largement répartis et donc ainsi régulés.
Ces seules conditions peuvent donner aux puissances publiques le moyen d’obtenir les équilibres pour lesquels elles sont mandatées.

à suivre, "Lettre ouverte à Ségolène Royal".


Démocritique

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