================================================== Rembourser la Terre



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Mars 2020

Rembourser la Terre

"Elohîms les bénit. Elohîms leur dit :
« Fructifiez, multipliez, emplissez la terre, conquérez-la. Assujettissez le poisson de la mer, le volatile des ciels, tout vivant qui rampe sur la terre. »
"
[Genèse 1.28]

Dieu bénit Noé et ses fils, en leur disant:
"Croissez et multipliez, et remplissez la Terre !
Que votre ascendant et votre terreur soient sur tous les animaux de la Terre et sur tous les oiseaux du ciel ; tous les êtres dont fourmille le sol, tous les poissons de la mer, est livrés en vos mains.
Tout ce qui se meut, tout ce qui vit, servira à votre nourriture ; de même que les végétaux, je vous livre tout."
[Pentateuque chapitre 9]

Il semble bien que, « grâce » à son économie l'humanité ait accompli tout cela ; alors que longtemps cela lui fut favorable, elle en appréhende maintenant les dangers.

Le texte est prémonitoire, qui reconnaît déjà la finitude de la Terre.

Qu'importe que toutes les civilisations n'aient pas partagé cette sorte d'injonction judéo-chrétienne, cela n'en a rien changé le résultat, tant l'économie est devenue une notion globalisée à l'ensemble d'un "monde" condamné à croître , alors qu'il est confiné sur une planète inextensible.

L'économie, du grec οἰκονομία / oikonomía, désigne étymologiquement « l'administration de la maison » (de oikos, maison, et nomos, gérer, administrer). [Wikipédia].

Or donc nous savons que tout ne va pas pour le mieux dans la maison,
que manifestement elle se dégrade, d'année en année, jour après jour, faute d'être bien "administrée".

À considèrer la Terre comme une maison, au vu de la façon dont elle est habitée, son administration "économique" met en danger, au risque de la destruction, non pas la Terre, mais le "Monde" de la vie sur Terre, artefact de l'humanité.
Après, la Terre se régénerera à sa façon, comme négligeable caillou dans l'immensité d'un cosmos indifférent à son sort.

Il existe des travaux en Droit, entérinés par les Nations Unies, adoptés par la législation de quelques pays, qui font reconnaître la Nature - donc la Terre - en tant que personne "morale". Qu'importe que cela soit encore loin d'être unanime, car tout se passe comme si la Terre se moquait bien des tergiversations des juristes et des législateurs. Contre nous, elle se défend.

En terme économique, nous avons envers la Terre la plus grande "dette" jamais contractée dans l'humanité.

À propos de ce que doit un paysan sous l'ancien régime Hippolyte Taine écrit : Voilà une créance privilégiée qu’il faut solder au préalable, avant toutes les autres, avant celle du seigneur, avant celle du décimateur, avant celle du roi lui-même ; car elle est la créance de la terre.
[Les Origines de la France contemporaine (1875)]

C'était avant la révolution industrielle, lorsque la dette était encore suffisament faible pour être assumable par la seule paysannerie.

Depuis, nos industries ont emprunté à la Terre plus qu'elle ne pouvait nous accorder pour notre propre survie.
C'est pour notre propre survie qu'il nous faut maintenant la rembourser ; car avec l'indifférence et le cynisme propre à toute personne morale, tout se passe comme si la Terre exigait son dû, en ayant la bonté de ne pas réclamer d'intérêts.

Aux principes du "Droit de propriété" auquel les législations humaines prétendent, la Terre rapelle à l'occasion qu'elle est en réalité seule à détenir ce Droit.
Elle le manifeste par exemple en récupérant, ici et là, des territoires entiers. Elle a déjà prévenu des options qu'elle a prises sur quelques grands villes telles que New York, Shanghaï, Bangkok, Amsterdam et Rotterdam.

Par les temps qui courent, chacun s'alarme. Rien ne va plus. Les médias de toutes sortes font chorus pour annoncer toute une diversité de phénomènes délétères qui convergent pour rendre la Terre inhabitable pour toute espèce vivante. Et de ces phénomènes, ils accusent l'humanité.

La Terre est un créancier implacable. Son dû n'est ni négociable ni restructurable, ni échelonable. Elle ne dit rien, nous laissant la seule initiative de payer ou non, sonnant et trébuchant. À défaut elle commence déjà à nous supprimer, sans état d'âme.

Grand poème fondateur de l'Inde, le Mahâbhârata commence par la peur qu'exprime Bûmi, la divinité de la Terre dans le panthéon indien, de la folie des hommes, et plus tard comment elle se défend en retenant enlisée la roue du char de Rana, entrainant ainsi sa défaite face à Yugistrata.

Est-ce du ressentiment que manifeste la Terre ? N'est-ce pas plutôt son indifférence naturelle au sort des humains, seuls responsable de leur dette, au risque de leur survie ?

La Terre, serait elle une personne, dont il faudrait considérer les droits ?

En Droit, une « personne morale » est une entité dotée de la personnalité juridique, qui lui permet d'être directement titulaire de droits et d'obligations en lieu et place des personnes physiques ou morales qui la composent ou qui l'ont créée (par exemple : entreprises, associations... ). [Wikipédia]

Lorsque les juristes ont envisagé la possibilité d'accorder ce statut à des entités naturelles, ils se sont heurtés à de grandes difficultés : si leur donner des droits a pu sembler simple, il est apparu plus compliqué d'en exiger des devoirs...

En pratique, parce qu'elle sont inattaquables en Fait par un quelconque pouvoir judiciaire, elles s'avèrent indifférentes au Droit.

La Nature a ses propre lois, celles de la physique et de la biologie, qui ne sont ni abrogeables ni discutables. Elles s'imposent au Droit des humains, et se passent allégrement de leur arsenaux judiciaires dont elle ignore la lenteur des jugements.

À ce que l'on voit en ce début du XXIeme siècle, la Terre se montre de plus en plus pressée. Indifférente à ce qu'elle soit ou non une personne morale en Droit, sans attendre, à l'évidence dénuée de toute compassion, elle commence à tuer avec des armes de destruction massives.

Il est inutile de l'accuser de crime contre l'humanité.
Lors d'un improbable procès, dotée comme elle le serait d'avocats des plus convaincants, elle risquerait fort de gagner. Et nos délais d'instructions judiciaires risquent fort d'en retarder la date au delà de la survie possible de l'humanité.

Donc, pour qu'elle ne nous détruise pas il nous faut commencer à rembourser la Terre. Et ce en contournant toute considération juridique susceptible de ralentir ce mouvement.

Au sens étymologique du terme, c'est une question d'économie.

En économie tout est affaire de transactions. Heureusement pour l'humanité, elles ne sont pas toutes monétisées, loin s'en faut. Toutes sortes de transactions existent qui forment l'économie de notre monde : il en est des plus favorables, qui sont des échanges gratuits de savoirs, de cultures, de services humains ; les échanges commerciaux de produits et de services, et les échanges d'argent ont, pour le meilleur comme pour le pire, toutes sortes de conséquences.

L'économie est comme un fluide, qui occupe tout l'espace que l'on lui cède ; elle se veut dynamique, et donc supporte mal la rigidité et l'inertie des "solides", réglementations, taxes et barrières douanières. Pour être aussi fluide que possible, l'économie mondiale obéit actuellement à des principes de libre échange, de libre circulation des biens et des capitaux et de leur interchangeabilité.

Mais ici, pour la dette envers la Terre, ce principe "d'interchangeabilité des capitaux" est caduq : la Terre ne reconnait pas nos devises monétaires, et le remboursement ne peut s'effectuer ni en dollar, ni en euro ou en yuan. Payer notre dette suppose de convertir notre argent en travail, exclusivement manuel, de réparation.

Qui doit payer cette dette, comment et combien ? En Droit, nul ne le dit ni ne le sait clairement.

Les "Personnes"

Il n'existe - au sens du Droit - que deux sortes de personnes : des personnes dites "morales" qui souvent ne le sont guère, et des personnes humaines, qui souvent ne le sont pas non plus, et que l'on préfère donc appeler personne physiques.

« Un homme, ça s’empêche »avait dit le père d'Albert Camus

S'il advient que des humains "s'empêchent", c'est que leur système nerveux et de toutes sortes de circuits physiologiques régulent leur comportement. Ils font cela pour eux mêmes et par empathie pour leur entourage. Il semble que c'est grâce à cela, par sélection naturelle, que jusqu'à présent l'humanité a survécu.

Si les personnes « morales » ne s'empêchent guère, c'est faute d'une physiologie naturelle pour réguler leurs comportements.

Si tant est que la « morale » est ce qui établit ses normes, ses limites et ses devoirs, et régule les comportements, et donc qui "empêche", les personnes « morales » ne sont elles pas bien mal nommées ?

Les personnes « morales » n'ont pas d'empathie. Elles ne souffrent pas, naissent, vivent et meurent en cyniques, sans crier.
Elles ne sont même pas stoïques, puisqu'elles ne connaissent aucune philosophie.
Si elles créent et possèdent toutes sortes de choses, elles n'inventent rien, quoique elles possèdent - en Droit - toutes sortes d'inventions.
Les personnes « morales » n'ont pas de cerveau, pas de cortex frontal, pas d'hyppocampe ; en conséquence elles ne pensent pas.
Elles n'apprennent ni ne se souviennent de rien, sinon des créances qu'elles détiennent.
Pour les entreprises, leur métabolisme se réduit à des chiffres de comptes bancaires, de « biens » matériels qu'elles possèdent, et ne vivent que selon l'équilibre de leur compte d'exploitation.
Et en terme d'exploitation, hors quelques normes nationales et internationales et leur réputation auprès des populations de "personnes physiques", rien n' "empèche" une personne "morale".

En fait d'humeurs, elles n'ont que celles de leurs dirigeants, auxquels elles transmettent la rationalité froide de leurs intérêts pour leur existence : naître, croître, combattre, survivre aux conditions de leurs concurrences mutuelles. Ils sont éduqués et recrutés pour cela, qui conditionne leur vie et leur survie.
Qui peut leur en vouloir de partager l'égoïsme vital de leurs entreprises ?

Pour ce qui est de la Terre, selon les lois de la Nature, l'état de son compte d'exploitation ne s'exprime pas en unité monétaire, mais plutôt en Joules/°Kelvin, ce qui est l'unité de mesure de l'entropie issue des activités humaines. À ce jour il n'existe pas de taux ni de bourse d'échange de dollars en Joules/°Kelvin.

Qui, des personnes physiques et des personne morales doit rembourser ?
Qui a contracté la plus grande part de la dette ? Qui est le plus susceptible de commencer à régler la plus grande part, et d'abord à cesser de l'augmenter ?

Il nous faut considérer les proportions et les ordres de grandeur des responsabilités, et leur répartition entre personnes physiques et personnes « morales » : ces dernières conditionnent la très grande majorité des échanges économiques, qu'elles soient le fait des entreprises ou des États. Imposant leurs conditions à toute transaction, elles portent à elles seules la quasi totalité de la responsabilité de la dette envers la Terre.

La dette envers la Terre n'est autre que la résultante de l'ensemble des "externalités négatives" issues de la production de toute offre sur des marchés soumis à la loi de l'offre et de la demande.
Exploiter et polluer la Terre pour produire l'offre, polluer pour la transporter afin de rendre l'offre disponible, polluer les esprits pour inciter la demande à accepter l'offre, accroître les écarts sociaux pour rendre l'offre compétitive, telles sont des externalités négatives inhérantes à tout offre, pour satisfaire la demande.
En soi aucune "demande" ne porte la responsabilité desfaits et gestes d'une "offre" pour la satisfaire.

Dans nos économies modernes les transactions sont intriquées ; elles s'enchainent et se succèdent, chaque acteur étant successivement demandeur puis offreur, ce jusqu'à la demande finale, toujours issue d'une personne physique. Cette dernière, qui assume seule la chage de la taxation à la valeur ajoutée, est la seule à ne pas porter la responsabilité des externalités négatives émises pour la satisfaire.

S'il est utile de reprocher aux humains leurs modes de vies, si critiquables soient nombre d'entre eux, se contenter de les culpabiliser pour changer leurs comportements serait d’un ordre de grandeur insuffisant pour traiter la question de la dette de l’humanité envers la Terre.
Il est aussi inefficace de prétendre culpabiliser les personnes « morales », qui ne sont que des artefacts incapables d’un quelconque sentiment.

En tant que personne physique, « Un homme ça s'empêche ».
En tant que personne morale, aucune société commerciale ne saurait d'elle même « s'empêcher ».

Il n'y a guère d'humanité dans une transaction entre une personne « morale » et une personne "physique". Minoritaires en nombre, les entreprises sont majoritaires en pouvoir de domination.
De par le jeu d'une concurrence "libre et non faussée" leur vie même en dépend.

Dominantes, en plus de leur dette envers la Terre, l'ensemble des personnes "morales" a aussi imposé une autre, dette tout aussi difficile à rembourser envers l'humanité des personnes physiques : elles y ont cultivé à la fois la pauvreté et la richesse et toutes les sortes de conflits qui en découlent, que toute l'Histoire montre. Les écarts sociaux accroissent leurs rendements économiques, de la même façon que le rendement mécanique d'une machine thermique s'accroit avec l'écart de température entre source chaude et source froide.
De par le jeu de la concurrence "libre et non faussée" leur survie dépend de la satisfaction de leurs intérêts marginaux pour les déséquilibres sociaux.

Dominantes, les plus grandes ont imposé leur suprématie sur les démocraties, dont elles exploitent opportunément les faiblesses partout dans le monde : les concentrations personnelles de pouvoirs et l'absence de représentativité réelle des assemblées élues "représentantatives", leur permet d'influencer, de corrompre, voire de faire chanter les États pour satisfaire leurs intérêts marginaux.
De par le jeu d'une concurrence "libre et non faussée" leur survie à court terme en dépend.
À moyen terme, à l'instar d'un cancer généralisé, siège d'une libre démultiplication de cellules en métastases, elles finiront par disparaitre aussi, à la mort de notre monde malade de leurs nuisances.

Si les déréglements en cours affectent en premier lieu les humains, et ce avant leurs entreprises, celles ci sont seules à être à même d'en régler la facture, pourvu que les conditions de marché le leur permettent.
Leurs dirigeants commencent maintenant à comprendre que c'est aussi leur intérêt, à plus court terme qu'ils ne le pensaient.
D'une façon ou d'une autre certains songent à internaliser pour les réduire leurs "externalités négatives", pourvu que les conditions de marché le leur permettent, et attendent patiemment, que leur nombre soit suffisant.

Mais comment, dans le contexte économique actuel cela pourrait il advenir de soi même, assez rapidement pour éviter le pire, en conservant les règles actuelles des marchés "libres et non faussés" ?

Le Temps, suspendu

Aujourd'hui, de ce contexte économique bien huilé, à terme mortifère, une sorte de tout petit organisme vivant a réussi à enrayer le mécanisme. La moitié de l'humanité est confinée, et il a bien fallu subordonner l'existence de la plupart des personnes morales à la vie des personnes physiques.
Ce retournement durera tant que le coronavirus n'aura pas achevé son oeuvre.
Résistera-t-il à la tentation de redémarrer l'économie comme avant, et de continuer d'approfondir la dette envers la Terre et l'humanité ?

Pendant que l'épidémie contamine sans distinction de classes, et tue les plus faibles, nous observons que la Terre respire ; mises à l'arrêt nos entreprises ont cessé de polluer impunément nos espaces vitaux, d'augmenter l'entropie du monde, d'imposer nos conditions de vies.

Ironie du temps, tant que le virus mortifère fait son oeuvre, en suspendant nos activités nous épargnons davantage de vies qu'il n'en tue, limitant les empoisonnements par la pollution, et toutes sortes d'accidents que nos activités provoquent.

Le Mahabharata raconte qu'avant la bataille de Kurukshetra, Arjuna contemple l'armée ennemie, où il reconnaît de nombreux parents et personnes qui lui sont chères, comme son grand-père Bhishma ou son maître Drona. Pris de doutes à l'idée d'une telle bataille, il ne parvient pas à lever son puissant arc divin, Gandiva. Krishna lui rappelle alors son devoir dans le long dialogue qui forme la Bhagavad-Gita. Pour les combattants, ce n'est qu'un instant suspendu, pour Arjuna et Krishna c'est un grand songe philosophique, constituant de la civilisation indienne.

Aussi, avant de redémarrer nos économies, nous avons juste un peu de temps pour penser les conditions à mettre en place pour éviter le pire à suivre.

Pour quelques raisons, ces conditions sont nécessairement à la fois institutionelles, locales, parafiscales, de sorte que de nouvelles conditions de concurrence conduisent les entreprises à "internaliser" à temps leurs externalités négatives.
Par intérêt vital.

Elles sont nécessairement locales parce qu'à l'expérience nul n'a le temps d'attendre d'improbables accords internationaux. Ce n'est que lorsqu'elles feront preuve d'efficacité locale qu'elles se répandront de façon virale, par contamination bénéfique, de loin en loin, de région à région, de pays à pays. Chacun voit que c 'est ainsi qu'aujourd'hui s'adapte le monde, à la façon de la vie.
Elles sont nécessairement parafiscales de sorte d'éviter les errements des protectionismes douaniers, des effets pervers des nationalisations et des excès de prélèvement obligatoires. Elles n'utilisent que les forces du marché lui même pour corriger rapidement, mais sans brutalité les nuisances induites par les conditions actuelles des marchés.
Elles sont nécessairement institutionnelles parce que les dernières expériences de désignation électorales de chefs d'États ont été trop délétères pour l'on ne recherche pas d'autres méthodes de démocratie moins dangereuses, adaptées aux nécessités de ces temps. Or la puissance de tels outils parafiscaux ne peut être laissée sans danger aux mains de gouvernements élus, mal élus, au détriment de la démocratie réelle.

Dans l'immédiat, peut on laisser les entreprises reprendre librement, faute de les contrôler, des fonctionnements globalement mortifères ?

Ou, en assumant le risque de la faillite en nombre des entreprises les plus nuisantes, ne laisser survivre que celles capables de s'adapter à de nouvelles règles du jeu, compatibles avec nos devoirs, vitaux pour l'humanité, envers la Terre ?

Suite à l'extinction du Crétacé, toutes les espèces d'animaux de plus de cinquante centimètres ont disparu, hors quelques rares espèces marines.

Cela n'a pas empêché la vie de se redévelopper.
Autrement.

à suivre, "Gouvernéthique".


Démocritique




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